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OSTEOTOMIE BIMAXILLAIRE

L'ostéotomie bi-maxillaire a pour objectif de repositionner les deux arcades dentaires dans les trois sens de l'espace. Elle s'accompagne aussi d'une modification esthétique du visage : suppression des parties plates de chaque coté du nez, meilleur soutien de la lèvre, amélioration du nez, meilleur projection du menton, symétrisation.

Cette intervention est au mieux pratiquée vers la fin de la croissance, ce qui est l'idéal car les dents et les gencives sont intactes et l'os ne grandit plus. Cependant ce type de chirurgie est de plus en plus fréquent chez l'adulte. Elle peut être associée à d'autres interventions (menton, cloison nasale, etc... )

INTERVENTION
L'intervention se déroule sous anesthésie générale (il faut avoir vu le médecin anesthésiste et être à jeun). Vous rentrez à la clinique 1h30 avant et vous sortez le lendemain ou le surlendemain.

Les incisions sont situées dans la bouche, dans le sillon entre la lèvre et les dents, sauf 2 toutes petites incisions au niveau des joues, ce qui ne laisse pas de cicatrices.

On commence par le maxillaire :

La partie basse du maxillaire est exposée et l'os est finement coupé au dessus des dents et parfois au milieu quand une expansion est nécessaire. L'os est positionné grâce à un guide chirurgical préparé à l'avance. Le guide est utilisé pour positionner le maxillaire par l'intermédiaire d'un blocage entre les mâchoires.

Le maxillaire est fixé dans sa nouvelle position par quatre petites plaques en titane de 0,8 mm d'épaisseur avec des vis de 5 mm de long et 2 mm de diamètre (photo 1).

Les angles de la mandibule sont ensuites abordés. L'os très dur en surface est coupé par une fraise très fine (photo 2).

Puis il est coupé dans l'épaisseur (photo 3) à l'aide d'un instrument fonctionnant avec des ultrasons (le piézotome - photo 4) qui ne coupe que l'os et préserve donc le nerf mandibulaire qui passe dans son canal (l'os n'est pas « cassé »).

L'os est positionné et fixé dans sa nouvelle position par des plaques de formes différentes (photo 1). Les incisions sont suturées.

Le dossier médical est rempli pendant que le médecin anesthésiste vous réveille.

SUITES OPERATOIRES                                            
Le réveil n'est pas  douloureux. Le gonflement est habituel et variable. On ne sent pas ses gencives et ses dents pendant quelques semaines. Les joues et les lèvres peuvent être engourdies.

Un nerf sensitif passe dans la mandibule. Il en résulte parfois une diminution de la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton. La sensibilité revient progressivement, accompagnée de fourmillements, en quelques semaines. Plus l'intervention a lieu à un âge avancé, plus l'on est susceptible de conserver une sensibilité un peu modifiée.

Il ne faut pas se moucher pendant 2 semaines pour ne pas envoyer d'air dans les joues (gonflement immédiat).

L'hygiène est reprise tout de suite pour enlever les microbes de la bouche et du nez et éviter l'infection.

L'alimentation est adaptée, avec reprise rapide d'une alimentation sans mâcher le temps de la consolidation suffisante de la mandibule, soit environ un mois. Il est conseillé de conserver une alimentation habituelle, le plat étant mixé puis délayé. On peut manger chaud. C'est le meilleur moyen d'éviter la perte de poids, la fatigue et les troubles digestifs.
Vous serez revu au cabinet quelques jours après après puis à plusieurs reprises et votre orthodontiste vous reprendra en charge pour les finitions.

Une activité scolaire ou professionnelle peut être reprise en quelques jours à un mois. Il ne faut pas s'exposer au risque de traumatisme facial (sports,  professions à risque...) pendant la consolidation (1 à 3 mois en fonction des sports).

Une activité physique douce (marche, promenade) est souhaitable pour activer la disparition du gonflement, stimuler l'appétit et favoriser le sommeil (il faut aussi dormir la tête surélevée).

Une kinésithérapie et une rééducation orthophonique peuvent être indiquées en fonction des anomalies fonctionnelles associées concernant les articulations temporo-mandibulaires, la respiration, la déglutition, la position de la langue.

CONCLUSION
Les améliorations sont fonctionnelles et esthétiques :

Les fonctions perturbées sont restaurées.

L'amélioration esthétique concerne la partie moyenne du visage : le nez, la lèvre supérieure, la visibilité des incisives supérieures, les régions para-nasales, et le bas du visage, lèvre inférieure et menton.

Le nez : 
Une propulsion maxillaire (cas de loin le plus fréquent) avance la pointe du nez sans modifier la partie haute du nez (l'aspect de « bosse » est diminué). Le nez est plus joli.

La lèvre : 
Les dents soutiennent la lèvre. Il en résulte une lèvre plus pulpeuse et mieux ourlée.

La visibilité des dents :
Lorsque le maxillaire est court, les dents ne sont pas assez visibles au repos comme au sourire, ce qui vieilli l'aspect du visage. Il est souhaitable d'apercevoir 4 mm de couronne lorsque la bouche est entr'ouverte et toute la dent au sourire. Et ce d'autant plus qu'avec le temps les parties molles du visage glissent vers le bas...
En cas d'excès de hauteur, les dents sont trop visibles et on voit toute la gencive lors du sourire. Il n'est pas toujours possible de corriger cela car interviennent aussi la hauteur de la lèvre (lèvre courte) et le fonctionnement des muscles (rétraction vers le haut).

Les régions paranasales :
De chaque coté du nez, les joues sont plates. Une propulsion maxillaire remplit ces régions.

La lèvre inférieure : projetée  ou reculée et séparée du menton par un sillon prononcé. L'intervention corrige ces défauts.

Le menton est effacé ou en saillie, trop petit ou trop haut : on associe alors une mentoplastie.

Ces améliorations esthétiques dépendent de l'importance des anomalies à corriger. Elles sont stables dans le temps. Elles permettent au visage jeune, de mieux vieillir et chez l'adulte de bénéficier d'un effet de rajeunissement.

 

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